Sherlock, où es-tu ?

N’avez-vous jamais entendu dire que la recherche généalogique était similaire à une enquête policière ?

Certes, je dois avouer que fan de séries et d’ouvrages du genre, cette idée m’a séduite plus d’une fois. Sur la piste d’un ancêtre, parcourant les registres, recoupant les infos, dressant des hypothèses, retournant sur les lieux afin de constituer un faisceau de preuves, sinon de découvrir enfin la preuve ultime que c’était bien celui que je cherchais.

fingerprint-255900_1280

Qui n’a pas rêvé d’écrire un roman, fort de la somme impressionnante d’informations glanées ça et là ?

Qui ne s’est pas dit que la vie riche en événements hors norme d’un ancêtre nourrirai la trame d’un feuilleton palpitant ?

Qui ne s’est pas réincarné quelques instants en Sherlock ou en Poirot quand il a fallu démêler une des fameuses « épines généalogiques » que tous nous rencontrons tous un jour, généalogistes que nous sommes ? La collecte d’indices (armés d’une loupe pour parfaire le tableau), l’instant des déductions, la révélation et l’élucidation : la magie et le plaisir que procurent la généalogie semblent résider dans ces instants particuliers.

Mais un jour …

Délaissant un moment quelques sites d’archives départementales pour rattraper mon retard dans la visualisation d’une saison des Experts (l’ultime, parait-il, alors je me dépêche), je me fis la réflexion que si Nick Stokes et Sara Sidle menaient leurs enquêtes comme je mène ma généalogie … Ils n’auraient pas élucidé beaucoup d’affaires !

J’ose espérer que les vrais enquêteurs qui exercent dans la vraie vie ne sont pas aussi désordonnés que moi et ne papillonnent pas d’un registre à l’autre en espérant tomber sur une « pépite ». Qu’ils ne perdent pas les petits bouts de papiers sur lesquels étaient notés les date et lieu de naissance de l’ancêtre cherché depuis si longtemps. Qu’ils n’ont pas changé 50 fois de mode d’organisation pour classer les informations recueillies en pensant que c’est la dernière qui est la meilleure. Qu’ils ne partent pas le nez en l’air sur une scène de crime (l’équivalent des Archives départementales pour nous généalogistes) pour collecter des indices en pensant que quelqu’un sur place leur dira bien où chercher. Qu’ils ne recommencent pas la lecture des pièces à conviction (les registres pour nous généalogistes) pour la dixième fois parce qu’ils ont oublié qu’ils l’avaient déjà fait et parce qu’ils ne notent pas soigneusement les pistes déjà étudiées. Qu’ils ne plongent pas dans un abîme d’incertitude en se demandant où ils ont bien pu trouver la preuve tant recherchée (la fameuse source des généalogistes) ….

Rigoris genus

Dans cette auto critique, sévère (on se motive comme on peut) , je me dis que in fine, la généalogie n’est pas une enquête strictement parlant mais une aventure où la fantaisie, l’imagination et la rêverie laissent momentanément le pas à la rigueur nécessaire pour rassembler les informations dans un logiciel dédié. .. puis reviennent au galop pour redonner du plaisir dans la découverte, tenir en haleine dans la lecture d’un acte, faire battre le coeur à l’ouverture d’un courrier en provenance d’une mairie.

Et puis après tout, Sherlock n’est-il pas la fantaisie même ?

A lire

Pour en savoir plus sur l’utilisation des sources en généalogie : « Généalogie et preuves » https://louradourgenealogie.wordpress.com/2016/10/10/genealogie-et-preuves/

5 réflexions sur “Sherlock, où es-tu ?

  1. Agur Isabelle !
    Comme Briqueloup, j’aime beaucoup le ton de ce billet. Effectivement, la généalogie se rapproche bien souvent d’une enquête policière et, comme j’imagine c’est le cas pour les policiers fictifs ou bien réels, on connaît de véritables montées d’adrénaline quand on trouve une réponse à une question longtemps restée en suspens !
    Côté organisation, j’ai créé une note « énigmes » dans Evernote, dans laquelle je note avec précision toutes mes interrogations. J’y reviens au hasard de mes recherches et parfois, je trouve la solution, parfois non, mais je ne referme pas le dossier pour autant. Qui sait si à la retraite je n’aurai pas le temps de me pencher sur ces cold cases 😉

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s